LA SÉQUENCE DIDACTIQUE

un cadre structurant pour l’articulation des composantes de la classe de français

La séquence didactique représente un outil privilégié par la recherche pour penser l’articulation, car elle facilite la planification et la mise en œuvre d’un enseignement articulé des composantes de la classe de français. Les modèles de dispositifs didactiques sont variés : certains englobent toutes les composantes de la classe de français, tandis que d’autres se limitent à l’articulation de deux composantes. Devant cette diversité et les limites de certains modèles, nous retenons la séquence didactique comme cadre de référence le plus pertinent pour concevoir un dispositif articulé. Elle permet notamment l’activation des connaissances antérieures, la prise de conscience d’un problème, la formulation et la vérification d’hypothèses ainsi que la production d’un court texte. 

La séquence didactique est « un ensemble d’activités scolaires organisées de manière systématique autour d’un genre de texte oral et écrit »

Dolz et al., 2001, p.6

LE DÉROULEMENT D’UNE SÉQUENCE DIDACTIQUE

La séquence didactique de seconde génération, telle que la définissent Biao et coll., se compose de cinq étapes distinctes, mais tout aussi importantes.

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LA MISE EN SITUATION

Cette première phase de la séquence didactique sert à introduire l’objet d’étude et à mobiliser l’intérêt des élèves. Elle permet de préparer le terrain, notamment en activant les connaissances antérieures des élèves.

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LA PRODUCTION INITIALE

Deuxième phase du dispositif, la production initiale consiste en la rédaction d’un texte par l’élève, sans préparation ni apprentissages préalables. L’analyse de cette production permet à l’enseignant d’identifier les difficultés des élèves et d’orienter le choix des notions à travailler dans les modules d’apprentissage. Elle contribue également à l’activation des connaissances antérieures des élèves.

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LES MODULES D’APPRENTISSAGE ET LES PRODUCTIONS INTERMÉDIAIRES

Cette troisième phase regroupent les activités qui seront réalisées sur plusieurs périodes et visent à travailler les caractéristiques propres au genre à l’étude. Les modules peuvent être accompagnés de productions intermédiaires qui permettent aux élèves, tout au long de la séquence, d’améliorer progressivement leur production initiale en y intégrant les caractéristiques du genre travaillées.

Les productions intermédiaires peuvent prendre différentes formes : réécritures, brouillons, cahiers de notes, etc. Quelle que soit leur forme, elles constituent des étapes provisoires dans l’évolution de la réflexion de l’élève. Elles représentent une trace de son cheminement, plus précisément de son appropriation des notions enseignées, de la construction de nouvelles connaissances et de sa capacité à les transférer. 

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LE BILAN

Cette pénultième phase invite les élèves à réfléchir aux apprentissages réalisés. Elle permet de faire le point, d’ajuster les démarches et de consolider les notions avant la production finale.

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LA PRODUCTION FINALE

Enfin, dernière étape de la séquence, la production finale peut se présenter sous la forme d’une évaluation formative ou sommative. Elle constitue un moyen pour l’enseignant d’évaluer l’influence des modules d’apprentissage sur les écrits des élèves et de mesurer les progrès réalisés depuis la production initiale.

LES AVANTAGES DE LA SÉQUENCE DIDACTIQUE

En somme, la séquence didactique permet de structurer l’enseignement et les apprentissages de façon cohérente, en facilitant à la fois la planification et la mise en œuvre, mais elle soutient également le déploiement de l’articulation, par sa flexibilité et sa lenteur, de même qu’elle offre des occasions de réinvestissement.

LENTEUR

L’articulation « se déploie plus facilement dans un cadre plus grand que celui de l’activité » (Biao et al., 2021, p. 262-263). Elle demande souvent plusieurs activités pour établir des liens significatifs entre l’étude de la langue et celle des textes. Toutes n’ont donc pas à être articulées : certaines préparent le terrain, d’autres créent réellement le lien. Dans cette perspective, travailler la grammaire pour elle-même peut parfois être nécessaire afin de rendre l’articulation possible à plus grande échelle.

RÉINVESTISSEMENT

La séquence didactique, par des productions intermédiaires, offre de nombreuses opportunités de réinvestissement aux élèves, ce qui facilite le transfert des apprentissages et occasionne, par conséquent, un impact plus grand sur la pérennité des apprentissages. 

FLEXIBILITÉ

Contrairement à d’autres dispositifs, la séquence didactique est flexible : elle peut s’ancrer notamment autour d’un genre textuel, d’une œuvre intégrale, ou encore d’une stratégie de lecture et permet de travailler plusieurs composantes de la classe de français de manière cohérente.

BIBLIOGRAPHIE

Biao, F. (2020). Élaboration et expérimentations de séquences didactiques articulant l’enseignement de la langue à l’enseignement des textes littéraires aux secondaires québécois et suisse. [thèse de doctorat, Université Laval]. Corpus UL

Biao, F. (2020). Élaboration et expérimentations de séquences didactiques articulant l’enseignement de la langue à l’enseignement des textes littéraires aux secondaires québécois et suisse. [thèse de doctorat, Université Laval]. Corpus UL

Biao, F., Falardeau, É., et Dolz, J. (2021). Quels sont les lieux d’articulation langue-texte dans le genre slam ? Proposition d’un dispositif d’articulation issu d’une ingénierie didactique collaborative de seconde génération. Recherches en didactique du français, L’étude du fonctionnement de la langue dans la discipline français : quelles articulations ? (13), 247-271.

Boivin, M.-C. et Pinsonneault, R. (2021). Articuler la grammaire et l’écriture : un modèle didactique en action. Recherches en didactique du français, L’étude du fonctionnement de la langue dans la discipline français : quelles articulations ? (13), 177-200.

Chabanne, J.-C. et Bucheton, D. (2000). Les écrits intermédiaires. La lettre de la DFLM, 26, 23-27. 

Dolz, J., Noverraz, M. et Schneuwly, B. (2001). S’exprimer en français : séquences didactiques pour l’oral et l’écrit. De Boeck.

Doquet, C. (2011). Les écrits intermédiaires au cycle 3 pour penser et apprendre. Le français aujourd’hui, 3, 57-68. 

Simard, C. (1995). L’orthographe d’usage chez les étudiants des ordres postsecondaires. Revue des sciences de l’éducation, 21(1), 145-165.